Table des matières

Pistes de solutions

Végétalisation

Arbres

La plantation d'arbres apporte de nombreux avantages dans la lutte contre les îlots de chaleur :

La plantation d'arbre est cependant une méthode à long terme. Il n'est pas possible d'installer des sujets adultes d'un coup et il faut donc plusieurs années avant que l'effet produit soit important. Côté plantation, il est préférable d'installer des jeunes sujets qui reprendront mieux que des sujets plus grands. La différence sera gommée et inversée en quelques années seulement

Les limites de l'installation d'arbres sont souvent l'espace nécessaire et la présence en sous-sol de nombreux réseaux qui ne se marient pas bien avec le développement racinaire.

De plus, les effets de l'évapotranspiration sont très localisés et nécessitent de grandes zones végétalisées. Quelques dizaines de mètres autour des grands parcs à Rennes.

À Rennes : La charte de l'arbre mise en place hiver 2022-23

Micro forêts urbaine

Aussi appelées méthode Miyawaki, il s'agit de planter de manière très dense (3 plants par m²) et sur une relativement petite surface, un très grand nombre de jeunes arbres d'essences diverses. L'entretien n'est nécessaire que pendant les 2-3 premières années. Une fois que les arbres ont pris le dessus, il n'y a plus à s'en occuper. La micro-forêt est censée atteindre un stade mature bien plus vite qu'une forêt classique.

Très populaire en France depuis quelques années, cette méthode pose quelques questions. Alors qu'elle est originaire d'une zone tropicale, il n'y a pas de retour d'expérience en zone tempérée qui permettrait de mesurer son impact réel. À terme, une grande partie de la plantation risque de ne pas survivre, posant la question de l'intérêt de l'investissement initial.

À Rennes : Des premières plantations ont déjà eu lieu au Blosne, à plaine de Baud… La Direction des Jardins a conscience des limites de cette technique plus adaptée aux essences tropicales. La plantation est faite de manière moins dense (1 arbre / m²). Il y a quand même à la fois un effet de mode, et une attente des habitants sur ce genre de plantation, d'où les différents projets à Rennes

L'avis de Philippe Clergeau : Beaucoup de pertes, difficile de savoir si la qualité de la terre tient d'une réelle efficacité ou seulement de l'apport massif initial de substrat.

Un article pour aller plus loin : Microforêts urbaines : que penser de la « méthode Miyawaki » ?

Ombre

Quand la plantation d'arbres n'est pas envisageable, des solutions plus artificielles peuvent être mises en place, pour faire de l'ombre.

La plus simple à mettre en place est par exemple le velum : “Grande pièce d'étoffe servant à tamiser la lumière ou à couvrir un espace sans toiture”. Pour répondre à un point chaud identifié, il doit être possible d'installer des toiles tendues entre les immeubles d’un côté à l’autre des rues à forte concentration de chaleur pendant l’été.

Eau

De la même manière que les arbres transpirent, la présence de points d'eau favorise un rafraîchissement par évaporation. Les fontaines, points d'eau, miroirs d'eau ou brumisateurs permettent de créer des points de fraîcheur.

Rennes est cependant de plus en plus concerné par des périodes de sécheresse et les restrictions de consommation d'eau qui vont avec. Les cours d'eau s'assèchent et les restrictions ne permettent pas de “gaspiller” trop d'eau en évaporation. On peut néanmoins envisager de développer une meilleure gestion de l'eau (public/privé), et notamment une réutilisation qui n'entrerait pas en conflit avec le manque d'eau potable.

À Rennes : Brumisateurs publics aux plages de Baud

Albédo

“L'albédo est une valeur physique qui permet de connaître la quantité de lumière solaire incidente réfléchie par une surface.”

Autrement dit, quand le soleil vient taper une surface, il s'agit de savoir si cette surface va renvoyer la lumière vers le ciel (grossièrement, surface claire), ou l'absorber sous forme de chaleur (surface sombre).

Supprimer au maximum le bitume et les revêtements sombres permet de faire baisser la chaleur emmagasinée par l'environnement urbain. Tout en gardant un revêtement minimum pour ne pas gêner les déplacements (par exemple poussettes et personnes en situation de handicap), il faut favoriser l'arrachage du bitume, et promouvoir une végétalisation à la place.

Du côté du bâti, on peut également pousser des constructions avec un revêtement clair, éviter les cours bitumées et les toits goudronnés.

Retour d'expérience (négatif) à Lyon : https://www.lyoncapitale.fr/actualite/la-metropole-de-lyon-abandonne-la-peinture-anti-ilots-de-chaleur

Bâti

On distingue deux problématiques pour les constructions.

La première est d'éviter la formation d'îlots de chaleur. Cela passe notamment par la rénovation pour éviter la surchauffe des logements, des constructions avec une plus grande inertie thermique (bois, pierre), le travail sur l'albédo (cf. section précédente) et éviter les constructions trop serrées qui créent des zones où la chaleur stagne.

La seconde est de ne pas renforcer négativement les phénomènes d'îlots de chaleur quand ils ont lieu avec en particulier l'utilisation de la climatisation. Puisqu'il ne s'agit que d'un échangeur de chaleur, quand on rafraîchit les logements, on réchauffe encore plus la rue. Si c'est efficace individuellement, l'effet collectif est négatif. D'autant plus lorsque la climatisation est mal utilisée, par exemple avec une porte ouverte à côté qui laisse re-rentrer la chaleur.

Ouvrir des lieux de fraîcheur

Leviers d'action

Autre